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**Le pionnier du rock chaoui, Djamel Sabri, fête son anniversaire le 7 juillet dans un contexte particulier : plusieurs médias algériens rapportent qu’il traverse une grave maladie. Cette date rappelle le parcours d’un artiste dont l’œuvre reste largement absente des radars institutionnels malgré son rôle fondateur dans la musique amazighe des Aurès.
Né le 7 juillet 1958 à Oum El Bouaghi, dans l’est algérien, Djamel Sabri a grandi dans une famille où le chant traditionnel se transmettait déjà depuis plusieurs générations, selon les informations recueillies par Samify Radio auprès de la presse algérienne. Devenu la figure la plus identifiée du rock chaoui, il est aujourd’hui, à quelques jours de son anniversaire, au cœur d’une actualité inquiétante : le site L’Expression a récemment fait état d’une situation de santé difficile pour l’artiste, sans toutefois préciser la nature exacte du diagnostic.
Selon L’Expression, l’auteur de « Yemma El Kahina » traverserait actuellement une période délicate en raison d’un état de santé sérieusement dégradé. L’information n’a pas été confirmée de manière indépendante par un communiqué familial ou médical, et aucun média de référence ne l’a, à ce stade, corroborée avec davantage de précisions cliniques. Cette réserve mérite d’être soulignée, dans la mesure où Djamel Sabri avait déjà connu, en 2015, un épisode de santé rendu public dans un entretien accordé au quotidien Liberté, au cours duquel il évoquait une opération chirurgicale dont il se remettait alors progressivement.
Ce n’est donc pas la première fois que la santé de l’artiste fait l’objet d’un suivi médiatique, mais le contexte de 2026 diffère par son degré d’incertitude. Ce qui frappe dans cette nouvelle séquence, c’est le contraste entre la gravité supposée de la situation et le silence institutionnel qui l’entoure : aucune structure culturelle publique n’a, à ce jour, communiqué sur l’état de santé d’un artiste pourtant considéré comme fondateur d’un genre musical.
L’histoire de Djamel Sabri commence dans les années 1970, lorsque le jeune homme, alors scolarisé à Aïn Beïda, s’initie à la culture amazighe et compose ses premières mélodies. En 1980, il fonde le groupe Les Berbères, dont le parolier, El Hadj Tayeb, impose que l’intégralité du répertoire soit interprétée en langue chaouie, à une époque où cette exigence linguistique n’allait pas de soi. Le groupe se produit notamment à l’université de Constantine en 1981, avant de connaître une tournée en France qui précède son éclatement en 1986.
C’est la sortie de l’album « Bachtola », dont la date varie selon les sources entre 1988 et 1990, qui propulse Djamel Sabri sur la scène nationale grâce à un passage remarqué dans l’émission « Bled Music ». Le titre éponyme, qui raconte l’histoire d’un homme défiant la tribu de sa bien-aimée dans les Aurès, devient un morceau largement identifié au patrimoine oral chaoui. La discographie complète du groupe comprend quatre albums, « Yemma El Kahina », « Bachtola », « Amghar » et « Ahwatid », dont les dates de sortie exactes diffèrent toutefois d’une source à l’autre, certains sites évoquant 1979 pour le premier opus quand d’autres retiennent 1982.
L’affirmation d’une identité chaouie assumée n’a pas été sans conséquence pour l’artiste. D’après Wikipédia et plusieurs portraits publiés dans la presse algérienne, les autorités du parti unique ont tenté, dans les années 1980, d’imposer à Djamel Sabri de chanter en arabe. Il a refusé, au prix d’une marginalisation qui lui aurait coûté son poste d’enseignant et lui aurait valu plusieurs convocations, selon un entretien publié par El Watan en 2011.
« Je suis devenu un paria », confiait-il alors au quotidien, décrivant un isolement des circuits médiatiques et festivaliers officiels qui, selon ses propres mots, se serait prolongé bien après la libéralisation politique du pays. Ce témoignage direct illustre une dynamique plus large : celle d’artistes berbérophones ayant dû composer, durant plusieurs décennies, avec un espace public qui ne reconnaissait pas pleinement la légitimité de leur langue.
Ce que révèle la trajectoire de Djamel Sabri, ce n’est pas seulement le parcours individuel d’un chanteur, mais la difficulté persistante à faire reconnaître institutionnellement des expressions culturelles régionales longtemps reléguées aux marges. La reconnaissance officielle de la langue amazighe, obtenue par étapes successives depuis les années 2000, n’a pas automatiquement produit une valorisation patrimoniale de ses artisans historiques.
Il aura fallu attendre 2021 pour que le Centre de recherche en langue et culture amazighes de l’université de Béjaïa organise, en partenariat avec l’Office national des droits d’auteur et les assemblées populaires de wilaya de Béjaïa et de Tizi Ouzou, un hommage célébrant les quarante années de carrière de l’artiste, selon L’Expression. Ce délai de plusieurs décennies entre les débuts de Djamel Sabri et sa première reconnaissance académique documentée traduit un rythme institutionnel largement en décalage avec l’ancienneté de son apport musical.
Paradoxalement, c’est en dehors des circuits institutionnels que l’héritage de Djamel Sabri connaît aujourd’hui sa diffusion la plus large. D’après Le Matin d’Algérie, une reprise du titre « Bachtola » interprétée par le DRP Choir, un collectif de jeunes talents originaire de la wilaya de Bordj Bou Arréridj, aurait dépassé 1,3 million de vues sur TikTok. Cette information, rapportée par une seule source à ce stade, mériterait d’être confirmée par des données de plateforme vérifiables avant d’être considérée comme définitivement établie.
Ce phénomène de redécouverte numérique, s’il se confirme, illustrerait une dynamique observée ailleurs dans les musiques patrimoniales du Maghreb : la viralité des réseaux sociaux relaie parfois plus efficacement une œuvre que les canaux culturels traditionnels. Reste que cette popularité en ligne ne s’est pas encore traduite, à la connaissance de Samify Radio par un dispositif de soutien concret à l’artiste, notamment dans le contexte de santé difficile qui entoure son anniversaire.
Aucune date de convalescence ni de prise en charge médicale n’a été communiquée à ce jour concernant Djamel Sabri. La prochaine étape identifiable reste la célébration, chaque 7 juillet, de son anniversaire par ses admirateurs, dans l’attente d’informations plus précises sur son état de santé.
Sources
Samify Radio
Écrit par: Samir
Berbère Chaoui Djamel Sabri Rock
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