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Le musicien algérien Hocine Boukella, alias Sidi Bémol, publie le 18 septembre 2026 son treizième album, « Guellal Montréal », né de la rencontre entre une percussion traditionnelle du nord-ouest algérien et les cultures autochtones du Québec. Un concert de lancement est prévu le 25 septembre au Cabaret Sauvage, à Paris, pour marquer trente ans de carrière.
Le disque, disponible en formats digital et CD chez CSB Productions et L’Autre Distribution, s’accompagne d’un livre réunissant paroles, traductions et partitions des douze titres, selon les informations diffusées par le label. Il marque trois décennies de carrière pour ce musicien né à Alger en 1957 et installé en France depuis le milieu des années 1980. Douze albums l’ont précédé. Aucun n’était allé chercher son inspiration aussi loin de la Méditerranée.
Ce nouvel opus referme un cycle de recherche entamé depuis plusieurs années autour d’un instrument resté à la marge des musiques algériennes les plus diffusées à l’étranger. L’artiste y prolonge une démarche déjà engagée avec ses précédents disques consacrés aux chants marins kabyles et aux musiques berbères antiques, deux albums qui l’avaient conduit à explorer des répertoires populaires longtemps délaissés du Maghreb.
Le musicien fonde en 1992, en banlieue parisienne, le groupe Cheikh Sidi Bémol, dont le style mêle rock, blues, musiques berbères, chaâbi et gnawa, une hybridation que plusieurs médias culturels qualifient de « gourbi-rock ». Sorti en 1998, le premier album éponyme du groupe réunit déjà des musiciens reconnus comme Karim Ziad et Youcef Boukella, frère de l’artiste et fondateur de l’Orchestre national de Barbès. Biologiste de formation, Hocine Boukella abandonne en 1988 une carrière scientifique entamée à Paris pour se consacrer entièrement à la musique et au dessin, deux disciplines qu’il continue de mener de front sous le pseudonyme Elho.
Cet engagement artistique s’accompagne d’un engagement civique. Désigné ambassadeur d’Amnesty International Algérie contre la peine de mort en octobre 2015, il avait résumé sa position en une phrase : « la justice, ce n’est pas la vengeance », selon les propos rapportés par Le Matin d’Algérie. Cette double fidélité, à la musique et à la cause qu’il défend, traverse un parcours marqué depuis trente ans par les allers-retours entre l’Algérie et la France.
Le point de départ du nouvel album est le guellal, percussion traditionnelle associée aux musiques populaires oranaises et aux chants du melhoun, cette poésie scandée considérée comme l’un des ancêtres du raï, selon la présentation officielle publiée par CSB Productions. Avec ses basses profondes et ses frappes sèches, l’instrument accompagne depuis des siècles les cafés, les marchés et les fêtes populaires de l’Oranie. Sidi Bémol dit avoir été marqué, dès son plus jeune âge, par les maîtres du genre, en particulier Cheikh Hamada, et avoir perçu très tôt une parenté entre le melhoun et le blues américain.
Les deux traditions partagent, selon lui, une même manière de transformer la parole scandée en vibration rythmique. Cette intuition, ancienne chez l’artiste, trouve dans « Guellal Montréal » son expression la plus aboutie.
Pour donner corps à ce projet, Sidi Bémol s’associe à Tacfarinas Kichou, percussionniste et luthier installé au Québec et lui-même d’origine algérienne, rencontré lors de l’un de ses séjours à Montréal, selon CSB Productions. Les deux musiciens conçoivent ensemble des instruments hybrides, qui associent la facture traditionnelle du guellal à des influences amérindiennes contemporaines. Cette collaboration technique accompagne une découverte plus large des cultures autochtones du Québec, dont Sidi Bémol dit avoir été frappé par la poésie, notamment celle de Joséphine Bacon et de Natasha Kanapé Fontaine, deux autrices innues reconnues au Canada.
Cette proximité entre poésies berbère et autochtone, toutes deux façonnées par un rapport ancien à la terre et à la mémoire, structure l’ensemble du disque. Les chansons alternent l’arabe, le kabyle, le français et l’anglais, parfois au sein d’un même morceau. Aucune langue n’y domine durablement les autres.
Le premier single, « Les Menottes », est disponible depuis le 5 juin 2026. Le second extrait, « Chicoutimiya », sorti le 26 juin, rend hommage à la ville québécoise de Chicoutimi et installe la couleur générale du disque, entre groove porté par le guellal et guitares empruntant au blues et au folk, selon les informations relayées par le site culturel DZDia. Pour la diaspora algérienne installée en Amérique du Nord, ce projet offre une résonance particulière, puisqu’il relie par la musique deux territoires d’exil et d’installation, l’Algérie d’origine et le Québec d’accueil, sans effacer les spécificités de chacun.
Le disque n’a pas vocation à raconter une histoire unique. Il fonctionne comme un espace de transmission, où les contes autochtones côtoient des fragments de melhoun et des riffs de guitare évoquant tour à tour le désert et la forêt boréale.
La sortie de l’album s’accompagne d’un ouvrage réunissant les paroles, leurs traductions et les partitions des douze titres, publié le même jour que le disque, selon l’agenda culturel de la Ville de Paris. Le concert de lancement se tiendra le vendredi 25 septembre 2026 à 19 heures au Cabaret Sauvage, dans le 19e arrondissement de Paris, une salle installée sous chapiteau au cœur du parc de la Villette. Sidi Bémol y sera accompagné du guitariste Abdenour Djemaï, du bassiste Youssef Boukella, du batteur Maamoun Dehane et du percussionniste invité Mehdi Askeur, qui joue du guellal aux côtés de Tacfarinas Kichou sur le disque.
Le concert du 25 septembre marquera la première présentation scénique de l’intégralité de « Guellal Montréal », dans une salle parisienne où les musiques du monde côtoient régulièrement les scènes maghrébines et subsahariennes.
Sources
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Écrit par: Samir
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