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Le Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira dévoile sa programmation pour sa 27e édition, prévue du 25 au 27 juin 2026, sous le haut patronage du roi Mohammed VI. Placée sous le signe des villes portuaires et de la transmission culturelle, cette édition rassemblera plus de 400 artistes venus d’une vingtaine de pays, des États-Unis au Rwanda, de l’Inde à la Palestine, pour des fusions inédites autour de la tradition gnaoua.
La cité des Alizés s’apprête une nouvelle fois à battre au rythme des guembris et des qraqebs. Du 25 au 27 juin 2026, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde accueillera plus de 400 artistes dont 42 maâlems, répartis sur huit scènes disséminées dans la ville. La programmation, dévoilée lors d’une présentation officielle à Casablanca, confirme l’ambition d’un événement qui, depuis sa création en 1998, s’est imposé comme l’un des rendez-vous culturels majeurs du monde arabe et africain. Naila Tazi, directrice et productrice du Festival, a insisté lors de cette présentation sur la continuité d’un projet pensé comme un espace de rencontre, d’apprentissage et d’expression artistique.
Des villes portuaires comme fil conducteur d’une programmation mondialeCette édition est placée sous le thème des villes portuaires : du Liban au Cameroun, du Brésil aux États-Unis, de l’Inde à l’Éthiopie et de la Palestine au Maroc, les artistes invités viennent de territoires profondément marqués par les circulations maritimes, faisant d’Essaouira — ville-port ouverte sur le monde depuis le XVIIIe siècle — un écrin naturel pour cette thématique. Le choix éditorial n’est pas fortuit : la culture gnaoua est elle-même née des routes de la mer et des traites transatlantiques, portée par des populations déplacées qui ont transformé leur mémoire collective en langage musical. En ancrant la 27e édition dans cette géographie des échanges, les organisateurs réaffirment la dimension politique et mémorielle d’une tradition souvent réduite à son seul aspect esthétique.
Abdeslam Alikane, directeur artistique du Festival, a mis en avant une édition marquée par la force des rencontres inédites et par une programmation qui croise les esthétiques, entre musiques traditionnelles, jazz et sonorités du monde. La programmation intègre ainsi des artistes aux univers très contrastés : le groupe palestino-britannique 47SOUL, dont les sonorités électroniques mêlent dabke et trap, côtoie la chanteuse libanaise Yasmine Hamdan, figure de la world music arabe contemporaine, ou encore le collectif rock marocain Hoba Hoba Spirit et le groupe berbère Oudaden. La présence du bassiste camerounais Richard Bona, accompagné en guest de la chanteuse marocaine Asma Lmnawar, illustre la vocation de ces fusions soigneusement construites que le festival cultive depuis ses origines.
Le coup d’envoi sera donné avec la traditionnelle parade des Maâlems, séquence emblématique qui transforme chaque année Essaouira en scène ouverte, populaire et spirituelle. Le concert inaugural, prévu sur la scène Moulay Hassan, rassemblera Mehdi Nassouli, la troupe rwandaise i Buhoro, la chanteuse marocaine Sara Moullablad, l’artiste indienne ganavya et le musicien français Sylvain Barou, dans une création collective où les répertoires se croiseront. Cette soirée d’ouverture résume à elle seule la vision curatoriale du festival : non pas une succession de sets indépendants, mais une dramaturgie musicale où chaque rencontre est pensée comme une création en soi. Parmi les autres temps forts annoncés figure la collaboration entre Maâlem Hamid El Kasri et le percussionniste brésilien Carlinhos Brown, dans un dialogue entre rythmes gnaoua et traditions afro-brésiliennes qui promet d’être l’une des créations les plus attendues de l’édition.
Autre temps fort de cette édition, un hommage sera rendu à feu Maâlem Mustapha Baqbou, figure majeure de la tradition gnaoua décédé en 2025. Maâlem Abdeslam Alikkane, Hamza Baqbou, Maâlem Abdelkebir Merchane et Maâlem Mohamed Kouyou feront vivre son héritage dans un moment de transmission collective. La disparition de Baqbou, reconnu pour son approche singulière du guembri et son sens du dialogue musical, avait suscité une vive émotion dans les milieux de la musique gnaoua. Lui consacrer une création collective, réunissant plusieurs générations de maâlems, incarne précisément ce que le festival revendique depuis ses débuts : non pas la muséification d’une tradition, mais sa transmission vivante, par corps et par voix interposés, d’une génération à l’autre.
En marge des concerts, le Forum des droits humains consacre cette édition aux « Jeunesses du monde : liberté, identité, avenir ». Pendant deux jours, artistes, écrivains et penseurs — dont Leïla Slimani, Najat Vallaud-Belkacem, Souleymane Bachir Diagne, Rachid Benzine et Asmae El Moudir — débattront des mutations qui traversent les nouvelles générations, en présence du ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication Mohamed Mehdi Bensaïd. Ce forum, partie intégrante de l’identité du Festival depuis plusieurs années, illustre la volonté de ses organisateurs de ne pas cantonner l’événement à la seule sphère musicale. La question des jeunesses du monde résonne particulièrement dans un contexte régional marqué par des mobilisations sociales inédites et des revendications identitaires croissantes.
Le Festival poursuit par ailleurs sa collaboration avec l’Université Mohammed VI Polytechnique autour de la Chaire des Transitions, portée par l’Institut des Études Avancées de l’UM6P, croisant recherche académique et dynamiques artistiques pour produire un cadre structurant de savoirs sur la culture gnaoua, ses origines, ses hybridations et ses expressions contemporaines. S’y ajoute la troisième édition du programme Berklee at the Gnaoua and World Music Festival, qui propose une immersion de six jours aux musiciens professionnels et semi-professionnels encadrés par des professeurs du célèbre conservatoire de Boston — avec un concert de restitution ouvert au public en clôture du festival.
La 27e édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde s’ouvrira le jeudi 25 juin 2026 à Essaouira. Les concerts sont accessibles gratuitement sur l’ensemble des scènes de la ville.
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Écrit par: Samir
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